Lundi - Vendredi de 8 h 30 à 18 h

Portrait du moment : Juliette du Chayla

juliette du chayla
En ce mois de Mars, rencontre avec une des Meilleures Apprenties de France, formée à la Philomathique, Juliette du Chayla, désormais fondatrice de Douces Mesures (vente de robes en semi-mesure) et récemment décorée par la Légion d’honneur.
Zoom sur une couturière qui excelle.
Juliette, peux-tu te présenter succinctement ?

J’ai grandi à Bordeaux, et suivi une formation d’ingénieur.
Lycéenne j’étais attirée par l’architecture et par la construction en général. J’ai toujours eu une sorte de curiosité quant à la façon dont les édifices sont conçus et réalisés, mais aussi un côté artistique en moi. J’ai suivi les conseils de mes parents en me dirigeant plutôt côté ingénieur qui ouvre une multitude de voies.
J’ai effectué plusieurs stages à Paris et me suis finalement rendu compte que ce n’était pas ce que j’aimais. Ensuite, j’ai occupé le poste de chef de travaux en aménagement intérieur, en faisant toujours de la couture en parallèle, puis à 25 ans, c’est le déclic.
J’ai participé à de nombreux mariages, et comme j’ai une trop petite taille, j’étais toujours obligée de retoucher toutes mes robes, ainsi que celles de copines ! J’ai ensuite eu l’envie de revenir à Bordeaux pour quitter Paris. Voyant mes facilités avec la couture et ce que je pouvais apporter aux gens, j’ai eu la volonté de relancer une production française responsable ! En effet, la couture à la commande est vraiment plus responsable et cet aspect que j’aime travailler.
Avec l’aide de Pôle emploi j’ai effectué des stages chez des couturières à Bordeaux, en parallèle de mon CAP couture à la Philomathique. J’étais également une «audacieuse» à La Ruche pour faciliter le lancement de ma marque en novembre 2019 !

juliette du chayla
Ta réaction quand tu as été élue MAF (Meilleurs Apprentis de France), puis décorée par la Légion d’honneur, tu t’y attendais ?

Pour les MAF c’était super intense, très court et avec une grosse pression, de gros boulots, mais on tenait le coup et finalement j’ai été récompensée. J’espérais bien-sûr décrocher cette récompense mais on ne peut jamais en être certaine, donc j’étais évidemment très contente.
En ce qui concerne la Légion d’honneur, je ne m’y ’attendais pas du tout cette fois-ci ! J’étais donc vraiment ravie et touchée, en plus cela crédibilise beaucoup mon travail et ma marque !

Ton expérience avec notre partenaire ici, dans les murs, La Ruche ?

J’ai connu La Ruche en visitant la Philomathique le premier jour et j’ai découvert leur système de mise en avant de talents. Dès le premier vendredi j’ai donc présenté mon projet de robe et toute la communauté me disait «ahh tiens il faudrait que tu vois telle personne et aussi celle-ci », etc… C’est de cette manière que j’ai créé mon réseau.
J’ai ensuite passé le concours des audacieuses qui coïncidait totalement avec ce que je proposais. J’ai donc été prise, incubée pendant un an, j’ai bénéficié d’un très bon accompagnement, d’un vrai cadre. Sans tout ça j’aurais vraiment été perdue !
Ils m’ont accompagnée aussi après mon année chez eux, il y a vraiment un suivi donc c’est l’idéal. De manière générale à La Ruche, il y a beaucoup d’entraide et de conseils, ce qui est très agréable.

Tu as donc développé ta marque, Douces mesures, raconte-nous cette expérience !

La marque était une vraie attente, une demande, qui met en place plusieurs services, dont la confection à la commande selon chaque client, travaillant manches, décolleté, mensurations… On peut même rajouter de la dentelle et faire même des robes complètement sur mesure !
Pour lancer ma marque j’ai lancé une campagne Ulule (crow founding), ce qui m’a donné une bonne base, un coup de pub et a crédibilisé énormément ma marque une fois de plus.
Pour proposer des prix attractifs, je sous-traite à un atelier de Bordeaux, qui s’occupe juste de la main d’œuvre sinon je ne pourrais jamais tout faire !
J’ai ensuite réalisé qu’il fallait que j’embauche une personne pour toute la partie site internet, newsletter, réseaux sociaux, donc j’ai pris une stagiaire pour faire ce poste à temps plein.
En tous cas pour le moment tout va bien, je suis plutôt au dessus de mes objectifs, donc je suis satisfaite mais ce n’est encore que le début !

douces mesures
Peux-tu nous expliquer les origines de ta passion pour la couture ?

C’est donc arrivé d’un besoin à la base, l’envie d’une robe particulière, d’un sac…
Donc quand j’étais ado je m’en faisais moi-même et de toutes façons, j’ai toujours aimé la mode.

Justement, qu’aimes-tu particulièrement dans ton métier ?

C’est un tout. L’aspect site internet, la relation client, la couture, les patrons à dessiner, donc je dirais l’équilibre de toutes ces choses en fait ! Ça me détend de coudre, d’avoir un temps de gestion, puis un temps social, de partage, aider les femmes à bien s’habiller quand elles ont du mal… Donc quand j’arrive à leur trouver la solution, c’est mission réussie et ça fait vraiment plaisir. C’est toujours un bel aboutissement.

D’après toi, quelles sont les qualités pour réussir dans ce milieu ?

L’audace, ne pas avoir peur, la pugnacité, la rigueur, le relationnel aussi. Etre chaleureux, passionnée et ne pas compter ses heures.

Quelle est ta réalisation, ou le projet dont tu es la plus fière ?

Une robe de mariée en préparation, qui se profile être ma plus belle réalisation.

Une anecdote pendant un cours ? Un moment particulier ?

OUI ! Le logo de mon entreprise, c’est grâce à l’apprentissage du dessin en cours, à la Philomathique. En fait, on se rendait compte qu’au bout d’un moment il y avait trop de règles à respecter, donc la prof nous a fait plaisir et nous a dit : «libérez vous et représentez votre silhouette de la façon que vous souhaitez». Et là, j’ai fait une dessin tout mignon et tout le monde trouvait que ça me représentait bien. Donc j’en ai fait mon logo, ça m’a aussi inspiré mon nom de marque que j’ai trouvé à La Ruche.

Que t’a apporté comme expérience la formation à la Philomathique ?

Les compétences incroyables, je n’avais jamais eu de cours, donc toutes les techniques, le dessin, le fait de créer une collection entière, le modélisme aussi et histoire du costume… C’est très formateur, il y a un gros travail de recherches qui ne se devine pas, mais s’apprend.
Donc j’étais par la suite rodée pour pouvoir sortir ma marque. Je continue les cours à la Philomathique en plus ! En pack perfectionnement en atelier loisirs, il y a toujours des choses à apprendre, donc ce n’est que bénéfique.

Le meilleur et le pire moment de ta carrière ?

Le meilleur souvenir doit être la soirée d’inauguration à la fin de ma campagne Ulule et la presse qui est venue (le bonbon) donc une consécration pour moi, ça m’a fait quelque chose, c’était émouvant !
Je n’ai pas de pire moment, mais que des bons souvenirs finalement !

Décris nous ta journée type en ce moment ?

Je réponds aux mails, je m’occupe des réseaux sociaux, je gère mes newsletters, reprends les patrons des commandes et l’après-midi je couds et j’ai également mes rendez-vous.

Quelle est ta philosophie de vie, ta phrase fétiche ?

Aie confiance !! Lance toi et sois patient pour avoir des résultats ! Il faut simplement croire en soi !

Une couleur qui te définit et pourquoi ?

Ma couleur de marque, beige rose car douce et naturelle !

Si une tenue devait te représenter, quelle serait-elle et pourquoi ?

Une robe ! Avec un col Claudine et une coupe en trapèze, faite à la philo, que je porte très souvent, en toutes occasions. Je suis bien dedans, elle est chic mais aussi faite pour aller travailler ! C’est l’idée de Douces mesures ! Une robe multi-fonctions !

robe semi-mesures
Une personne qui t’inspire ?

Je n’ai pas forcément de personne connue qui m’inspire, mais plutôt un type d’individus. En effet, ceux que j’admire sont ces personnes qui ont toujours le sourire, remplies de bienveillance, de joie de vivre.
Le genre de personnes que l’on quitte toujours plus heureux qu’avant de les retrouver. Ils ont ce don de rendre heureux, de rendre la vie plus douce.
Et j’essaye de faire cela avec Douces Mesures, donner des moments de qualité, se faire sentir belle, d’avoir un impact positif.

Quelque chose dont tu ne peux pas te passer ?

Les échanges avec les autres, l’aide et l’accompagnement. Je suis auto-entrepreneur mais j’aime garder le contact comme à La Ruche ou avec les cours à la Philomathique.

Une chose que tu n’as pas et que tu aimerais absolument avoir ?

Des enfants et une vie de famille tout en gardant un bon équilibre entre côté pro et privé, ça serait le rêve !

Si tu ne pouvais plus faire ce métier, que ferais-tu à la place ?

Je préfère ne pas y penser ! Franchement je ne vois pas.

Un objectif professionnel pas encore atteint ?

Là je n’en suis encore qu’au lancement, donc faire que mon activité devienne stable, puis ensuite ouvrir une boutique dans Bordeaux avec un atelier et tout faire en interne, pour créer de l’emploi !

Pour finir, comment imagines-tu l’avenir de la couture, de la mode ?

Je l’imagine très responsable, c’est le mot d’ordre d’un peu tout le monde, avec des productions tracées.
Également, que les standards de la mode évoluent et que toutes les morphologies puissent être représentées. Je pense qu’avec tous les ateliers qui rouvrent, une belle évolution s’annonce.

atelier couture
Quelque chose à ajouter ?

Merci énormément à la Philomathique ! A La ruche, aux profs, aux MAFS, à la Légion d’honneur !! Que des belles expériences !

 

Merci à Juliette de s’être prêtée au jeu du portrait du moment !
Prochainement vous retrouverez l’interview de Jonathan, ancien stagiaire en Menuiserie !