Lundi - Vendredi de 8 h 30 à 18 h

Portrait du moment : Émilie Chupin

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En ce mois d’octobre, rencontre avec l’une des formatrices du pôle Mode de la Philomathique, Émilie Chupin, une couturière née.

 

Émilie, peux-tu te présenter succinctement ?

Mon parcours scolaire a toujours été lié aux métiers de la Mode. Après l’obtention d’un Brevet de Technicien « Vêtement Création Mesure » à Tours, j’ai intégré le DMA Costumière Réalisatrice, dans les Yvelines. Ensuite j’ai travaillé pour des maisons de haute couture, comme Lacroix, Chanel, Chloé, Giambattista Valli, pendant 8 ans. Lassée de Paris et de sa frénésie, j’ai déménagé avec ma famille sur Bordeaux pour travailler dans une entreprise spécialisée dans les robes de mariées, aussi bien en sur mesure qu’en prêt à porter. Enfin, j’ai rejoint la Philomathique depuis 3 ans maintenant !

Quel est ton rôle aujourd’hui, au sein de l’école ?

Je suis formatrice en Couture, animant le CAP Couture Flou, ainsi que des Ateliers de Formation d’initiation ou de perfectionnement depuis deux ans. De plus, j’anime des MastersClass, comme par exemple, le Master Class Corset.

En parallèle de ton métier de formatrice, as-tu d’autres activités ?

Oui ! Je développe actuellement une marque… C’est l’histoire de deux amies, passionnées par leur métier, créatives avec un savoir-faire pointu, qui décident de réunir leurs énergies et leurs compétences. Elles créent Pêche&Brenda une marque de prêt-à-porter féminin haut-de-gamme, dans un style urbain et couture, slow fashion, intégralement fabriquée en France.  Affaire à suivre …

Peux-tu nous expliquer les origines de ta passion pour la couture ?

À 8 ans, mes parents m’ont inscrite à des cours de couture dans un centre de loisirs. Ce fût une grande révélation pour moi ! Dès lors, je n’ai jamais voulu faire autre chose que ce métier !

Justement, qu’aimes-tu particulièrement dans ton métier ?

La précision, la transmission, le travail de la matière, la qualité des tissus et surtout le travail bien fait !

D’après toi, quelles sont les qualités pour réussir dans ce milieu ?

Savoir évoluer en équipe est la priorité. Échanger et communiquer sont indispensables pour intégrer une grande maison. De plus, il faut être précise, minutieuse, curieuse et persévérante. Les métiers de la mode s’adressent à tous, peu importe le niveau de base, ce qui compte c’est la volonté !

Peux-tu nous partager le meilleur et le pire moment de ta carrière ?

Mon meilleur souvenir, sans aucun doute, est d’avoir assisté aux défilés des réalisations sur lesquelles j’ai pu participer. Pour le pire, c’est au moment de la livraison du vêtement la veille du défilé, le tissu brûle sous le fer à repasser… La nuit était très courte après ça.

Et en tant que formatrice ?

À la Philomathique, mon meilleur souvenir fut d’accompagner les projets des MAF (Meilleurs Apprentis de France), du commencement jusqu’à la remise des prix, qui représente l’accomplissement de plusieurs mois de travail. C’est une expérience incroyable pour les stagiaires mais aussi pour nous, en tant que formatrices. Le pire souvenir, ce serait un élève qui n’était malheureusement pas destiné aux métiers de la mode. Finalement il a su rebondir et changer de voie !

Une anecdote pendant un cours ? Un cas atypique ou coup de cœur ?

Une jeune auditrice de 13 ans qui est venue travailler la couture l’année dernière. Très en avance sur son âge, intelligente et assidue, elle m’a bluffée ! La mixité générationnelle était remarquable.

Quelle est ta réalisation, ou le projet dont tu es la plus fière de toute ta carrière ?

La robe de mariée pour ma dernière collection Lacroix avant de quitter Paris !

Quelle est ta philosophie de vie, ta phrase fétiche ?

Le bonheur n’est réel que s’il est partagé. (Référence : Film «Into the wild»)

Si tu devais être une couleur ?

La Terracotta ! C’est une couleur marron/ocre qui est dans l’ère du temps qui représente la nature, la terre, une couleur qui montre de l’authenticité, du caractère de l’énergie.

Si un vêtement devait te représenter, quel serait-il et pourquoi ?

Le pantalon large taille haute, où on se sent à l’aise. Tout en longueur, en finesse et en élégance.

Une personne qui t’inspire ?

Christian Lacroix, tout simplement.

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Quelque chose dont tu ne peux pas te passer ?

Un dé à coudre !

Une chose que tu n’as pas et que tu aimerais absolument avoir ?

Un atelier complet de couture chez moi !

Si tu ne pouvais plus faire ce métier, que ferais-tu à la place ?

Honnêtement je n’en ai aucune idée ! Je suis faite QUE pour la Couture.

Un objectif professionnel pas encore atteint ?

Ma marque de vêtements, mais c’est en cours !

Pour terminer, comment imagines-tu l’avenir de la mode ?

Au-delà des nouvelles tendances qui vont arriver, ce que je souhaite c’est que les achats soient plus raisonnés. Selon moi, il y a trop de « fast fashion » (une chaîne de magasins par exemple qui produit une grande quantité de modèles sans respecter les saisons) et pas assez de « slow fashion » (qui implique le respect des saisons d’une part et le fait de sortir des vêtements en quantité limitée et de bonne qualité d’autre part).

Merci à Émilie de s’être prêtée au jeu du portrait du mois ! En novembre, vous retrouverez Jonathan, ancien stagiaire en Menuiserie !